Il existe une seule raison valable, légitime et indiscutable pour laquelle la perte de poids peut — et doit — être envisagée : lorsque le poids constitue un danger réel et avéré pour la santé.

Le surpoids, et plus encore l’obésité, ne sont pas des sujets anodins. Ils peuvent entraîner des pathologies graves : hypertension artérielle, diabète de type 2, apnée du sommeil, troubles cardiovasculaires. Dans certains cas, les conséquences peuvent être dramatiques — accident vasculaire cérébral, séquelles irréversibles, voire décès prématuré.
Sur ce terrain-là, la question n’est ni esthétique, ni morale, ni symbolique : elle est médicale. Et elle mérite d’être traitée avec sérieux, compétence et accompagnement.

Mais en dehors de ce cadre strictement sanitaire, tout le reste relève d’un autre registre. Un registre infiniment plus complexe, et profondément politique : celui de la relation que nous entretenons avec notre corps.

Le poids comme problème… social

 

La difficulté que tant de personnes entretiennent avec leur poids et leur apparence n’est pas le signe d’un échec individuel. Elle est le symptôme d’un dysfonctionnement collectif.

Nous vivons dans une société néo-libérale qui nous raconte une histoire simple — et violente :
nos réussites seraient la preuve de notre mérite, nos échecs celle de notre insuffisance.
Notre corps devient alors une vitrine de notre valeur personnelle, un CV visible, un verdict permanent.

Un idéal humain extrêmement normé nous est présenté comme accessible à tous, à condition d’avoir « la volonté », « la discipline », « le mental ». Ce récit, qui nous est martelé depuis notre enfance pour qu’on l’intègre comme une vérité indiscutable est pourtant  totalement falacieux. Nous l’intégrons comme un idéal absurde, comme une nécessité sociale impérative … et lorsque nous n’y correspondons pas, la culpabilité s’installe. Lentement, sournoisement.

Dans le même temps — et c’est là toute l’hypocrisie du système — l’industrie agro-alimentaire, très loin de se soucier de notre santé, inonde le marché de produits ultra-transformés, conçus pour être addictifs, pauvres sur le plan nutritionnel, mais redoutablement efficaces pour générer du profit.
Nous sommes à la fois culpabilisés et empoisonnés. À la fois sommés de réussir et structurellement empêchés de le faire.

Nous en sommes tous victimes.

 

La violence déguisée des régimes

 

Dans cette société malade, ne pas avoir ce corps fantasmé devient une source de honte.
Alors nous essayons. Encore et encore de le croire possible … Et que son échec prévisible est l’unique fait de notre responsabilité individuelle.

Régimes miracles, injonctions contradictoires, promesses de transformation rapide.
Nous nous imposons des règles intenables, nous nous violantons intérieurement, nous nous surveillons, nous nous jugeons.

Et, presque toujours, cela échoue.

Non pas parce que nous sommes faibles, mais parce que ces approches reposent sur la contrainte, la peur et la détestation de soi. Lorsque l’effort devient trop lourd, lorsque la fatigue morale l’emporte, il ne reste souvent qu’un refuge : la nourriture. Une glace, un paquet de biscuits, un apaisement provisoire pour remplir ce manque, ce manque d’amour propre.
Puis la honte revient. Plus forte. Et le cycle recommence.

Un cycle parfaitement rentable pour ceux qui l’entretiennent.

 

Et si le véritable travail était ailleurs ?

 

Et si briser ce cycle infernal pouvait se faire autrement, non pas par une transformation physique impossible, mais par un regard changé sur soi-même ? Il est peut-être temps d’envisager que la solution est sans doute là !
De cesser de considérer notre corps comme un problème à corriger mais comme un territoire à habiter.

Ce corps — quel que soit son poids — est celui qui nous porte chaque jour.
Celui qui nous permet de marcher, de travailler, de créer, d’aimer.
Celui qui nous permet de serrer dans nos bras les personnes qui comptent, de vivre des expériences, de traverser le monde.

Plutôt que de le martyriser, réconcilions-nous avec lui.
Plutôt que de le soumettre, écoutons-le.
Plutôt que de le juger, honorons-le.

L’amour de soi n’est pas un renoncement. Ce n’est pas un abandon.
C’est souvent, au contraire, la condition nécessaire pour prendre soin en profondeur de sa santé — la vraie — sur la durée.

Apprendre à aimer son corps tel qu’il est aujourd’hui, ce n’est pas refuser toute évolution.
C’est choisir de vivre pleinement maintenant, sans attendre une version idéalisée de soi qui conditionnerait enfin le droit au bonheur.

Offrons nous cette liberté de nous voir autrement, offrons nous cette liberté de nous sentir pleinement vivants.

Contact

contact
GDPR Consent

Privacy Preference Center